Nazarena France

ASSOCIATION NAZARENA - FRANCE
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COMPTE-RENDU DE L'ASSEMBLEE GENERALE DE NAZARENA-FRANCE

le 25 janvier 2020 à Paris

L’Assemblée Générale Ordinaire de Nazarena-France s’est tenue à Paris chez François et Martine Goubet samedi 25 janvier 2020

13 membres présents, 16 pouvoirs, soit 29 votants

La présidente remercie les adhérents de Nazarena-France pour leur fidélité et pour les nombreux messages d’encouragements qui accompagnent l’envoi de leurs cotisations. Elle tient à remercier également l’entreprise SDTech Groupe, basée à Alès, pour sa contribution au titre du mécénat qui représente un beau geste de solidarité internationale

1 - Rapport moral de la présidente – Nouvelles orientations 2019 – Point sur la malgachisation

L’articulation formation / développement

La présidente rappelle les grandes étapes du développement du CFPANA, la construction des bâtiments, l’ouverture du centre en 2012 et l’accueil de trois promotions les années suivantes, finalement la panne de recrutement que nous avons connue depuis 2015. La raison principale a été l'insécurité, mais plus récemment nous avons constaté de plus la désaffection pure et simple des jeunes vis-à-vis de l'agriculture. Le CFPANA s'est institué "ferme-école" dans le but de gagner son autonomie par ses productions et de démontrer que l’on peut vivre de l’activité agricole. Il a recruté des journaliers et développé ses productions. En passant de la formation à l'exploitation directe des cultures collectives nous avons maintenu l'objectif de formation des jeunes paysans sur leurs terres et nous avons appliqué le principe d'un "improbable développement" destiné à l'ensemble des habitants de la commune rurale d'Aboalimena. La "ferme école" a été l'équivalent de ce qu'on désigne en France comme une "entreprise sociale" qui a contribué à ce que la période de soudure de 2019 se passe dans de meilleures conditions pour la cinquantaine de journaliers qui ont été salariés, ce qui n'est pas négligeable quand on connaît l'inexistence du marché du travail local. Ainsi l'enjeu du CFPANA n'est pas exclusivement la réussite économique, il est d'une double nature, sociale et économique. Les surfaces cultivées en 2017-2018 ont été de 5 ha qui ont donné 4.7 tonnes d’arachides (soit un rendement d’une tonne à l’ha qui révèle une année médiocre) vendues pour un total de 5.4 millions d’ariary soit environ 1500€ . En 2018-2019, la même surface cultivée a produit 5.4 tonnes d’arachides soit 130 sacs vendus pour un total de 7 millions d’ariary soit environ 1800€. Une production de manioc a été lancée, que le CFPANA a réservée pour aider les enfants pendant la période de soudure de 2019

Les réalisations en 2019

A ce jour, le CFPANA a formé 13 diplômés "vulgarisateurs agricoles" après trois années de formation. Ils sont titulaires d'un diplôme national, homologué par le gouvernement. Ce nombre de diplômés est évidemment faible au regard des trois promotions de 20 d'élèves que nous avions prévues. Il s'explique par le départ des jeunes filles pour raison de mariages ou de naissances, ou les défections dues aux parents trop pauvres pour nourrir leurs enfants en formation. Nous n’avons pas réussi non plus à fidéliser nos anciens élèves sur une base permanente comme assistants responsables de chacun des secteurs de nos activités, ni à les amener à développer une petite entreprise agricole. Les modules de foùmation courte initiés avec Formaprod reprendront en 2020 avec un meilleur suivi des jeunes après cette formation.

Cependant, à travers même nos échecs, nous avons progressé. Nous avons appris à contrôler les activités pour que notre centre ne soit pas purement et simplement dépouillé au fur et à mesure de sa croissance. Nous avons diversifié, lancé à Aboalimena les cultures maraîchères qui commencent à se développer dans de petits potagers familiaux, cultivé du maïs en cultures humides et sèches, des arachides, du manioc et avons trois types d'élevages, les poulets, les cochons et les abeilles. Une porcherie cimentée et récemment agrandie peut accueillir une dizaine de cochons, un grand poulailler a été construit pour une centaine de poulets, et nous nous efforçons d’améliorer nos techniques pour les différencier de l’élevage traditionnel. Nous avons cette année 6 ruches pleines et disposons de près d'une trentaine de ruches pour étendre l'élevage.On peut noter aussil’installation de pépinières destinées au programme de reboisement d’Aboalimena. La construction enfin finalisée d’un château d’eau avec une pompe solaire permettra d’étendre les cultures maraîchères et d’expérimenter l’irrigation au goutte à goutte. .

Nouvelles orientations en 2019

Nos missions de 2019ont été placées sous le signe de la malgachisation : après quinze années de soutien de Nazarena-France aboutissant à la fondation et au développement du CFPANA, après deux années de "ferme école", le temps est sans doute venu d'accompagner le processus de malgachisation du centre. L'aide au développement pour laquelle notre association a été créée, pour être positive devra s'arrêter dès l'instant où le CFPANA seraen capacité de prendre son autonomie.Ainsi, à l'échelle de cinq années, c'est-à-dire en 2025 environ, le CFPANA serait prêt à fonctionner comme un établissement malgache privé de formation en agriculture et élevage capable de rayonner par lui-mêmedans toute la "région du Menabe".

En parallèle, le CFPANA pourrait s'adresser à tous les résidents d'Aboalimena. Nous pourrons progressivement étendre la fonction de la "maison des femmes" à un statut culturel plus large que la seule distinction de genre, comme une « maison de la culture » ouverte à toutes les disciplines.

En conclusion, nos projets seront orientés autour de deux axes:

    • Les actions innovantes, avec le souhait de les voir reproduites et développées par imitation.
    • L’ouverture du CFPANA vers d’autres partenaires à Madagascar dans le but de développer des ressources nouvelles et de renforcer nos compétences

    Le rapport moral est soumis à la discussion.

    Les principales questions abordées sont les suivantes :
    Comment augmenter la participation des habitants d’Aboalimena ?
    Faut-il se concentrer sur une meilleure productivité de l’agriculture plutôt que sur le petit élevage qui consomme des ressources alimentaires ?
    Comment constituer une équipe de direction et anticiper l’avenir ?
    Le rapport moral est approuvé.

2- Rapport financier présenté par Jean Bernard Chazan, approbation des comptes de l’exercice 2018 – Avancement du programme triennal et résultat prévisionnel 2019

La situation financière de Nazarena-France est restée satisfaisante. La trésorerie est restée à un niveau élevé d’autant plus que malgré la baisse du nombre d’adhérents les cotisations de nos membres se sont maintenues à hauteur de 5 000 € et sont même de 5 740 € en 2019. Nous avons perçu les 2/3 des subventions qui nous ont été allouées, 10 000 € de l’Agence Micro-Projets en 2017 pour le projet « Jeunes Agriculteurs du Menabe » et 1800 € de la Région Occitanie en 2018 pour le volet « maison des femmes.

Pour le CFPANA, le poste le plus important est celui des salaires et indemnités; cependant ces dépenses de personnel CFPANA restent faibles. Cela montre à l’évidence que nous n’avons pas pu engager, faute d’élèves et de candidats, les personnels que nous avions prévu d’embaucher. En revanche, nous avons pu salarier une cinquantaine de personnes pour les cultures collectives, ce qui fait du CFPANA une entreprise « sociale » en période de soudure

Nous avons imputé au programme JAM en 2018 un montant de 5 950 €. Ce montant ne doit pas être rapporté aux seules subventions, mais aux ressources engagées dans le projet JAM, qui comprennent les subventions, les ressources propres affectées au projet par Nazarena-France, et les recettes générées par les activités génératrices de revenus comme la vente d’arachides, soit un budget global de 32.000€

Comptes de l’exercice 2018

Présentation du Compte de Résultat
Au chapitre des recettes figurent les cotisations et dons de l’exercice et pour la première fois le produit de la vente de la récolte d’arachides, dont nous savons par ailleurs qu’il a équilibré tout juste les dépenses d’exploitation. Les subventions perçues ont été inscrites dans leur globalité aux recettes de l’année 2017 et n’ont pas été reprises
Le poste « transfert de charges » correspond comme à l’ordinaire aux dépenses réalisées par les bénévoles pour le compte de l’association ou dans le cadre des missions de l’association, et dont ils ne demandent pas le remboursement. Ce poste est sensiblement constant. Les dépenses affectées au budget du CFPANA ont été globalisées sous la forme d’une subvention d’exploitation d’un montant équivalent. Le compte 78 « report de ressources non utilisées » représente la part des subventions reçues (mais dont nous n’avons effectivement perçu que les deux tiers) utilisée en 2018.

Le résultat de l’exercice est un « bénéfice » de 3 824 €, mais l’importance de ce bénéfice est sans doute le reflet de la baisse d’activité qui ne nous a pas permis de réaliser nos objectifs

Présentation du bilan 2018

Le bilan est réalisé à la clôture de l’exercice au 31 décembre 2018. Le bénéfice enregistré au cours de l’exercice est inscrit au passif, et la trésorerie de notre association reste élevée.
Le poste « fonds dédiés » retrace l’utilisation des subventions des projets « Jeunes Agriculteurs du Menabe » et « Maison des Femmes »
Une caisse en espèces a été constituée à notre départ de Madagascar pour répondre aux besoins de fonctionnement jusqu’à la prochaine mission.

Décision de l'assemblée générale

Nos comptes ont été soumis à l’expertise de Carole Senelis, commissaire aux comptes. Cette vérification n’entre pas dans le cadre d’une obligation légale. Elle conclut sur « un avis favorable, pour le bilan, le compte de résultat et l’annexe relatifs à l’exercice clos le 31 décembre 2018 ».

La décision de l’Assemblée Générale est la suivante : « L’assemblée générale approuve les comptes de l’année 2018 et donne quitus à la présidente et au trésorier de leur gestion ».
Cette décision est approuvée à l’unanimité des membres présents et représentés

Résultat prévisionnel de l’année 2019

L’année 2019 étant close, nous pouvons donner une estimation du compte de résultat, bien que nous n’ayons pas encore pu clôturer les comptes de l’exercice. Les produits d'exploitation se sont aintenus à un niveau élévé, grâce aux cotisations, au produit d'une action de mécénat et à la vente des arachides.Les fonds dédiés affectés au programme JAM pour l’exercice 2019 s’établiraient à 5 826 € . le résulatt serait à nouveau bénéficiaire.

3- Rapport de mission de Françoise Thabeault

Cette mission d’une durée d’un mois s’est déroulée dans le contexte particulier de la campagne en vue des élections municipales Françoise Thabeault n’a donc pas pu enseigner le français, faute d’élèves, et parce que les habitants d’Aboalimena étaient mobilisés ailleurs.Des contacts ont été pris avec l’enseignant de la classe de 8e de l’école primaire. Pour maintenir ce lien et entamer des échanges il faudrait intéresser à ce projet une école primaire en France.
Les cours de couture ont été interrompus, la plupart des femmes étant employées aux travaux agricoles pendant la saison des pluies.

Durant sa mission, différentes activités ont été menées à bien : le remplacement des panneaux solaires, l’installation des tuyaux pour le goutte à goutte, la récolte du manioc, la reconstitution du cheptel avec 7 porcs et les poulets, l’aménagement d’un logement propre et agréable pour les enseignants qui seront recrutés.

4- Création d’un outil de formation professionnelle à distance en agriculture et élevage

Jean Bernard Chazan indique que des contacts ont été pris avec le concepteur d’un système d’apprentissage à distance dans les pays en voie de développement, TVET Academy (www.tvetacademy.org). Il s’agit de cours et de vidéos enregistrés au format numérique avec un serveur informatique qui peut être local ou à distance, qui peuvent être utilisés sur un ordinateur ou même un smartphone. Ce modèle répond bien à des besoins de formation aux techniques d’agricultures ou d’élevage pour des apprenants peu formés ou même analphabètes. Il serait en relation avec notre projet de constituer une salle d’informatique au CFPANA

5- Questions diverses

5.1. Projet de film documentaire sur la commune d’Aboalimena
Julie Peghini est anthropologue et enseigne à l’Université dans le domaine de la communication. Elle propose avec Suzanne Chazan de réaliser un court-métrage documentaire conçu non pas comme un film institutionnel du CFPANA mais comme une approche anthropologique du vécu des habitants d’une commune rurale vis-à-vis d’une offre de développement.

5.2. Réfrigérateur solaire pour Aboalimena
Compte tenu de la rupture de stock des vaccins qui a conduit à la perte des volailles en 2019, on étudiera la possibilité d’acheter un réfrigérateur solaire à Aboalimena.

La présidente,

Suzanne Chazan