Nazarena France

ASSOCIATION NAZARENA - FRANCE
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COMPTE-RENDU DE L'ASSEMBLEE GENERALE DE NAZARENA-FRANCE

le 25 juin 2016 à Strasbourg

L ‘ Assemblée Générale Ordinaire de Nazarena-France s’est tenue chez Antoine et Elisabeth Wach à Strasbourg le samedi 26 juin 2016 avec l’ordre du jour suivant

1. Rapport moral de la présidente – Etat et situation actuelle du CFPANA
2. Rapport financier présenté par Jean Bernard Chazan, approbation des comptes de l’exercice 2015 - Situation financière à ce jour et budget prévisionnel
3. Enseignement du français et des matières générales – exposé de Françoise Thabeault
4.Organisation du CFPANA - Structure de l’enseignement, cultures collectives et autofinancement
5. Etude de nouveaux projets et recherche de collaborations
6. Questions diverses

Présents : Elisabeth Aron, Richard Aron, Marie jeanne Bérard, Jean Bernard Chazan, Mireille Chazan, Suzanne Chazan, Nicole Lavergne Rontchevsky, Elisabth Rohmer, Aline Royet, Bruno Gilbert Royet, Noèle Silie, Françoise Thabeault, Elisabeth Wach, Antoine Wach soit 14 membres

Pouvoirs : à Suzanne Chazan : 19
à Jean Bernard Chazan : 2
à Bruno Royet : 2
à Antoine Wach : 1

Soit 38 votants
A ce jour notre association compte 48 membres cotisants

• La présidente remercie les membres qui se sont déplacés pour cette assemblée générale et indique que plus de la moitié des membres actifs sont présents ou représentés.
• Elle présente Noèle Silie, nouveau membre et qui fera partie de la prochaine mission de Nazarena-France à Madagascar. Noèle Silie est retraitée, ancien professeur en droit public à l’Université de Paris I, elle a l’expérience de plusieurs missions humanitaires en Bolivie, ses compétences nous seront utiles pour mieux structurer le CFPANA.
• La présidente remercie Carole Sénélis, commissaire aux comptes, qui assure pour Nazarena France un contrôle à titre amical et n’a pas pu participer à cette assemblée générale.
• Afin de permettre un meilleur débat sur les comptes la présidente propose de modifier l’ordre dans lequel seront discutés les différents points de l’ordre du jour.

Introduction - rapport moral de la présidente.

En introduction la présidente confirme que nous sommes repartis de la mission 2015 à Madagascar plutôt satisfaits d'entrevoir des possibilités de croissance du centre et d'affermissement de notre position vis-à-vis des institutions locales nous ouvrant à terme des possibilités de soutiens financiers. Cette mission a eu lieu de fin septembre à mi-novembre. Un programme d'investissements a été déposé auprès d’un bailleur de fonds pour la formation professionnelle agricole. Il s’agit de Formaprod, qui dispose d’une antenne régionale à MorondavaLa présidente résume le rapport moral adressé à tous les adhérents, et propose d’en reporter la discussion à chacun des points évoqués dans l’ordre du jour.

Elle rappelle les points importants à discuter au cours de cette assemblée générale :

• l'état actuel du centre: bâtiments et élèves, problèmes liés au recrutement et au devenir des élèves, ceux liés au recrutement des enseignants, les projets présentés par les élèves de la 3ème année en fin de scolarité.
• Le projet de la "filière d'élevage", discuté en cours de mission. Il consistera à spécialiser les villages de la mairie d'Aboalimena et Aboalimena lui-même qui souhaitent ou se sont déjà engagés dans l'élevage des porcs en lieu et place des bœufs disparus.
• Le développement de cultures collectives de maïs et d'arachides pour assurer aux élèves un soutien alimentaire, fournir la provende pour les animaux d’élevage et si possible augmenter les ressources monétaires du CFPANA car ce sont des cultures de rente vendues sur le marché intérieur et à l'exportation. Suzanne Chazan étudiera avec Dera Haidaraly le modèle d'exploitation de ces terres collectives. D’autres parcelles ont été attribuées tant aux élèves qu’aux paysans - surtout des femmes - qui veulent cultiver ces produits ou faire des cultures maraîchères. Suzanne Chazan reconstituera avec le directeur les comptes d'exploitation de ces terres cultivées.
• La formation des élèves du centre au français. Ce sera l’objet de l’exposé de Françoise Thabeault. Elle rendra compte des difficultés rencontrées dans l'apprentissage du français et de quelle manière elle a cherché à introduire le sens de l'effort et des procédures d'évaluation dans son enseignement
• Enfin deux sujets importants que Françoise Coutou – excusée pour cet AG- souhaite voir débattre. Il s'agit :

- du contenu de l’enseignement dispensé aux jeunes dans les matières générales et professionnelles, et de la qualification des enseignants, sachant cependant que l’enseignement reste de la responsabilité des autorités de tutelle seules habilitées à délivrer le diplôme
- de l’allègement des responsabilités du directeur du centre, Dera Haidaraly, sujet dont nous avions débattu lors des précédentes assemblées générales.

1) Rapport financier présenté par Jean Bernard Chazan, approbation des comptes de l’exercice 2015 - Situation financière à ce jour et budget prévisionnel

Le trésorier présente ce rapport financier en trois parties :

1 Un aperçu de la situation financière de notre association
2 La présentation formelle des comptes de l’exercice 2015
3 Une proposition de budget de l’année 2016.

L’année 2015 a été une année au cours de laquelle nous avons apuré les comptes de l’année 2014 et établi un état que nous espérons exhaustif des dépenses jusqu’au 31 décembre 2015. Cet exercice est déficitaire, puisque nous avons consommé des réserves. La mission de Service Civique a été clôturée à la fin du mois d’avril, ses dépenses ont été couvertes par une subvention et une dotation spécifiques et un don effectué en 2014 à cet effet, tandis que les indemnités de l’étudiante volontaire ont été versées directement à son compte.
Les cotisations de nos membres ont augmenté de manière importante, de 3860 € en 2014 à 5030 € en 2015, ce qui témoigne de la vitalité de notre association. Toutes les cotisations et les dons ont été enregistrés et un reçu fiscal a été délivré pour tous. Pour 2016, à la date du 20 juin, 17 personnes ont cotisé pour un montant de 2075 €.


Comme nous l’avions annoncé l’an dernier, un nouveau mode de comptabilité a été initié en 2016. Avec la montée en puissance des dépenses propres du CFPANA, il a été décidé de traiter séparément les dépenses incombant au CFPANA (indemnités et salaires, achats de consommables, achats d’animaux d’élevage et provende, dépenses relatives à la scolarité) des dépenses prises en charges directement par Nazarena France (construction et maintenance des bâtiments, gros équipements, et pour 2016 la mission de service civique). Nazarena France verse alors une « subvention d’exploitation » correspondant aux dépenses du CFPANA. Ceci a comme avantage de permettre au CFPANA d’avoir une comptabilité propre (sous notre contrôle toutefois) pour les dépenses effectuées à Madagascar et de pouvoir la présenter à des bailleurs de fonds éventuels. De plus le CFPANA a également quelques ressourcés propres (braderie, ventes de poulets et de porcs) et établira son propre compte de résultat.
Les dépenses propres de Nazarena-France ont augmenté de 2014 à 2015 de près de 3000 €, augmentation qui a été en partie compensée par les subventions reçues pour la mission de service civique. Les achats de bois forment une part importante des dépenses de construction, et les salaires et indemnités versés localement représentent près de la moitié des dépenses propres. Les dépenses prises en charge par les bénévoles (missions, équipements divers) et non remboursées représentent les 2/3 du budget de Nazarena-France.

Comptes de l’exercice 2015

Le compte de résultat concerne les recettes et les dépenses du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015. Les dépenses prises en charge par les bénévoles sont clairement définies dans les rubriques du plan comptable. Au chapitre des recettes figurent les cotisations et dons de l’exercice et « à recevoir » les cotisations dont le montant n’a été perçu qu’après le 1er janvier 2016. La mission de service public a été validée du 1er novembre au 30 avril 2015. Les subventions et donations du Ministère ont été perçues en 2015, mais les deux premiers mois de la mission avaient été intégrés à l’exercice 2014. Les charges ont été répertoriées dans un grand livre exhaustif en suivant les rubriques du plan comptable, elles comprennent les dépenses directement liées aux missions de l’association (dépenses de fonctionnement, construction et maintenance des bâtiments), et les dépenses affectées au budget du CFPANA globalisées sous la forme d’une subvention d’exploitation d’un montant équivalent.
Le résultat de l’exercice est une perte de 2 584 € qui traduit l’utilisation en 2015 de réserves constituées les années précédentes
Le bilan est réalisé à la clôture de l’exercice au 31 décembre. Il donne l’état des ressources de l’association tenant compte des avances versées, des recettes et des dépenses connues. La perte enregistrée au cours de l’exercice se trouve inscrite au passif, et les fonds associatifs sont donc d’environ 6 000 €uros. Une caisse a été constituée à Madagascar pour répondre aux besoins de fonctionnement jusqu’à la prochaine mission.

Vérification : Nos comptes ont été soumis à l’expertise de Carole Senelis, commissaire aux comptes. Cette vérification n’entre pas dans le cadre d’une obligation légale. Elle est effectuée à titre amical pour fournir à notre association un avis indépendant sur la tenue des comptes et sur la situation financière de Nazarena-France.

Décision de l’Assemblée générale
L’assemblée générale après en avoir délibéré approuve les comptes de l’exercice et donne quitus à la présidente et au trésorier de leur gestion.
Cette décision est approuvée à l’unanimité des membres présents ou représentés

Budget de l’année 2016
Un budget a été présenté pour l’année 2016 où les dépenses prises en charge par les bénévoles ont été intégrées et ainsi valorisées. Nazarena-France prend en charge directement et affecte à son budget la construction et l’entretien des bâtiments et des clôtures, l’achat de médicaments, et les frais généraux (assurance etc.). Le budget du CFPANA sera réévalué en 2016 lors de notre mission, mais une subvention d’exploitation du même ordre de grandeur soit 3000 € est prévue pour son fonctionnement

2) Enseignement du français et des matières générales – exposé de Françoise Thabeault

Françoise Thabeault rappelle qu’elle participe aux actions de Nazarena-France depuis 5 ans et qu’elle a effectué 4 séjours à Aboalimena, en 2010,2012, 2014 et 2015. Madagascar a été la possibilité de découvrir une nouvelle langue, une nouvelle culture, mais c’est surtout le fait de pouvoir aider ces jeunes déscolarisés et abandonnés par leur société qu’elle trouve motivant. Elle a été témoin, dit-elle, d’une mutation profonde, celle du passage d’une société traditionnelle fondée sur l’élevage des zébus à une société déboussolée depuis que les bœufs ont disparu qui se tourne vers d’autres modes d’élevage et vers l’agriculture jusque là réservée aux femmes. Elle cite le témoignage d’un notable qui envisageait en 2013 de quitter Aboalimena, mais le regain d’intérêt pour le CFPANA l’en a dissuadé.

Françoise Thabeault expose la méthode qu’elle a suivie pour assurer un enseignement du français adapté à des élèves adultes, débutants ou grands débutant , issus du monde rural et généralement très différents du public de l’enseignement « français langue étrangère ». Le but est d’utiliser au mieux le moment de la mission pour amener les élèves à s’exprimer, à comprendre l’intérêt d’apprendre le français, à acquérir quelques méthodes, le relai étant pris pour le reste de l’année par Dera Haidaraly et l’enseignant recruté en 2016.

A la rentrée, après avoir constaté des défections – deux jeunes femmes des 5 élèves de la troisième année – il a été décidé de réunir les 2e et 3e années pour former un groupe de 11 élèves. En première année nous avons recruté 9 élèves (très jeunes, sachant lire et écrire sans pratiquement aucune connaissance du français) dont sept, 4 filles et 3 garçons sont restés. Pendant les 3 semaines de présence effective, Françoise Thabeault et Jean Bernard Chazan se sont alternés pour assurer 8h de cours par semaine. Les cours ont lieu le matin de 8h30 à 10h30, l’après-midi étant consacrée aux enseignements pratiques. Les conditions matérielles sont assez rudimentaires, tableau noir et craies, pas de manuels ; l’imprimante permet de reproduire des textes.

En 1ère année, il s’agit de jeunes adolescents, dont certains sont très spontanés, et d’autres très timides. Aucun d’entre eux n’a le CEPE (certificat d’études primaires) ; l’objectif est de leur faire réussir cet examen en fin d’année. Françoise Thabeault leur fait remplir une fiche, prétexte pour les faire se présenter, leur apprend à tenir un cahier, révise l’alphabet (utile pour consulter le dictionnaire) et les nombres. Elle part de situations concrètes rencontrées par ces jeunes, voire de visites sur les terrains de cultures, pour évoquer les plantes les fleurs et les animaux d’élevage, ou le calendrier cultural. Elle utilise de petites dictées qui permettent de revoir les conjugaisons, des exercices à trous et quelques phrases à compléter, et à l’oral de petits dialogues en situation : le temps qu’il fait, pays et nationalité, saisons, couleurs etc.

En seconde année nous avions 6 élèves dont un redoublant, en 3e année cinq élèves que nous connaissons depuis 3ans et parmi eux deux bons élèves. Les jeunes femmes sont en retrait, mais elles sont capables de progresser. Cette année pour la première fois il a été possible de les faire travailler sur des documents authentiques, un article de journal et surtout un formulaire administratif (demande de permis de coupe de bois , en français, le français étant la 2e langue officielle à Madagascar) façon de leur démontrer que le français leur serait utile dans leur vie quotidienne. Le travail est plus soutenu, une dizaine de mots de vocabulaire à chaque cours et des exercices grammaticaux. Comme en 1ère année, les sorties sont l’occasion de dialogues voire même d’une petite rédaction (au programme de leur examen de fin d’année)

Lors de la discussion, nous signalons que les livres ( p ex français 6e) dont nous disposons sont d’un langage trop relevé et peu utilisables, de tout petits textes peuvent servir de support. Aline Royet qui coordonne l’enseignement du français langues étrangères pour Caritas recommande « Mon Quotidien » publication pour adolescents comme support utile. Quant à l’utilité du français, l’un des buts de cet enseignement est que les élèves acquièrent le niveau des examens de fin d’année – CEPE pour les uns, diplôme pour les autres – et surtout qu’ils puissent aborder seuls les dictionnaires, les livres ou plaquettes sur l’agriculture et l’élevage (pratiquement tous en français) et comprendre les vidéos à visée pédagogique que nous mettons à leur disposition. La connaissance du français autrefois généralisée à Madagascar est devenue un objet de prestige et un pré-requis pour toute fonction administrative, même modeste. Une demande existe parmi les villageois d’Aboalimena et Françoise Thabeault a animé dans le passé de petits groupes de travail très demandés.


3) Organisation du CFPANA - Structure de l’enseignement, Cultures collectives et autofinancement

Suzanne Chazan rappelle les signes de réussite que tous les missionnaires ont pu observer devant les réactions de plus en plus nombreuses des gens du village comme des représentants de la "haute" administration malgache venus en mission pour visiter le centre. Les représentants des ministères de l'agriculture et de la formation professionnelle dont nous dépendons ainsi que celui de Formaprod ont été étonnés de tout ce qui a été acquis dès la fondation du centre, les outils pédagogiques modernes ( un téléviseur alimenté par panneaux solaires, une bibliothèque , des DVD),le puits chemisé qui sert à l'irrigation des cultures maraîchères, et le fait que le CFPANA dispose de grandes superficies de tous les types de parcelles nécessaires aux élèves, qu'il s'agisse de "baiboho"(terres inondables) ou de "hatsake" (terres de brûlis forestiers). Le dernier lot acheté en 2016 a servi à étendre la superficie du centre de près d'un Ha. Le CFPANA est ainsi le seul centre de formation agricole du Menabe à être doté de terres d'expérimentation qu'il est le seul à avoir dans la région du Menabe Les terres extérieures au village et le terrain sur lequel se trouvent les bâtiments de l'internat, la porcherie et le poulailler appartiennent au directeur du centre qui les met gracieusement à la disposition des élèves. L'internat est d’ailleurs l'ancienne maison de Dera Haidaraly qui a été étendue et rénovée. A la suite de cette visite, Formaprod a décidé de contribuer financièrement à la réalisation des projets présentés en 2016. Toutefois le CFPANA n’a reçu à ce jour aucun financement ni dotation en nature et son budget est supporté par la subvention de fonctionnement que lui attribue Nazarena-France et quelques ressources propres (braderie de tee-shirts et de lunettes, ventes de cochons et de poulets).

La structure d’encadrement du CFPANA reste fragile car les formateurs n’ont que des contrats précaires. Un enseignant à plein temps pour l’agriculture habitant Aboalimena, un enseignant recruté en décembre 2015 pour l’élevage et un enseignant recruté in extremis pour les matières générales. Un gardien permanent pour le terrain du CFPANA et qui y habite avec sa famille. Un gardien rémunéré qui s'occupe avec les élèves de seconde année et les professeurs de la nourriture, de l'hygiène des animaux. Il veille à la sécurité des élèves.

La question soulevée par Françoise Coutou du recrutement et du niveau des enseignants reste préoccupante, car du fait de l’insécurité et du caractère isolé et rural d’Aboalimena , le village n’est pas très attrayant. C’est sans doute vrai en partie pour le recrutement des élèves venant d’autres communes.
Dera Haidaraly qui a fait des études supérieures complète et compense dans la mesure de ses disponibilités le déficit. Toutefois un enseignant pour les matières générales, histoire et géographie, instruction civique a pu être recruté en 2016. Un complément aux enseignements a été également apporté cette année en invitant des personnes compétentes (fonctionnaires de l’agriculture, vétérinaire) à faire des conférences moyennant la prise en charge de leurs dépenses.
Nous sommes loin de l’effectif envisagé de trois promotions de 20 élèves, et nous enregistrons d’année en année des départs (perte d’intérêt, reprise par la famille, jeunes filles enceintes). A ce jour, nous avons :
• 9 élèves en première année
• 9 élèves en seconde année
• 3 élèves en troisième année qui présenteront leur diplôme en 2016. Ceux-ci ont fait en réalité 4 années puisque nous avions eu une année blanche en 2013 pour raison de sécurité.

En fin de séjour, à la suite d'un débat entre les missionnaires et Dera, constatant qu'un premier noyau de jeunes tentés par la délinquance étaient revenus au village et que nous les connaissions bien parce qu'ils nous avaient aidés pour la construction du 3ème bâtiment, l'idée est venue de les réhabiliter et d'en faire des "paysans modèles" ou de "petits entrepreneurs agricoles" aidés en cela par une formation courte. Le temps de formation n'a pas encore été déterminé. Cela pourrait tout aussi bien être une formation de quelques mois qu’une formation plus étalée sur 1 à 2 années. Cette opération sera de la responsabilité de Formaprod et du directeur de la formation professionnelle de Morondava. Cette proposition soumise par Nazarena aux autorités a fait l'unanimité. Formaprod a été jusqu'à s'engager à financer la formation de ces élèves déscolarisés voire analphabètes et à les suivre particulièrement. Cette opération devrait être mise en place en 2017, le recrutement se faisant durant notre mission en octobre prochain.

Finalement, la présidente voudrait partager avec tous les membres de Nazarena-France la vision positive qu’elle a rapportée de son retour de mission en novembre 2015 , du fait de l'avancée des travaux dans le centre mais aussi des reboisements, de la structuration de l'espace autour des bâtiments ornés et bordés de fleurs et aussi parce que cette vision est validée par les instances administratives, locales, nationales et les bailleurs de fonds extérieurs. Ils n'ont pas caché leur surprise, semblant faire du centre un modèle du genre dans un contexte où l'Etat veut multiplier ce type d'expérience.

En ce qui concerne la charge de travail de Dera Haidaraly, deuxième point à l'ordre du jour soulevé par Françoise Coutou, la question est restée en suspens. Cependant, nous avons progressé : Dera Haidaraly serait d'accord pour être aidé dans sa fonction de directeur du CFPANA (p ex un mi-temps rémunéré) par le meilleur élève du centre, Lucien, d'origine Betsileo qui doit obtenir son diplôme en 2016. Il a été pendant ces trois années l'élève le plus dynamique, travaillant le soir à la bibliothèque, cherchant réellement à progresser en Français et rendant de multiples services à Dera qui l'apprécie et a confiance en lui. C'est lui qui présente le projet de développement le plus porteur: "la filière porc". Dera pourrait évaluer ses capacités à le seconder en lui demandant progressivement de se charger de telle ou telle responsabilité en 2017. Il pourrait suivre avec Dera une formation donnée par Noële Silie, au cours de la mission 2016, pour se préparer à cette responsabilité à mi-temps

4) Etude de nouveaux projets et recherche de collaborations

Augustin Chazan, élève d’une grande école de commerce ( l’EM Lyon) nous avait proposé d’inclure un projet de Nazarena-France parmi ceux qui pourraient être repris par l’association de son école et nous le remercions de s’impliquer positivement dans les actions de Nazarena Il ne sera toutefois pas possible de concrétiser cette idée dès cette année, cette association d’élèves ayant déjà en charge un programme à Madagascar. Cela nous a amenés cependant à concrétiser un certain nombre d’idées sous forme de projets à présenter dans ce cadre ou vis à vis de possibles bailleurs de fonds, en France ou à Madagascar.

Le listing rapidement établi est le suivant:
1) un projet de structure d’accompagnement (conseil technique, commercialisation, gestion, micro-financement etc..) de type pépinière d’entreprises agricoles à développer si le nombre des élèves sortants devient plus important. Ce modèle correspondrait bien à la politique officielle de formation professionnelle et pourrait « s’exporter » dans d’autres régions de Madagascar.
2) L'élevage du porc. Pour des raisons politiques, l’élevage des bœufs qui était la principale activité de la région fait place à l’élevage des porcs. Celui-ci se fait de façon artisanale et peu hygiénique et il y a une réflexion à mener – avec l’aide de la direction régionale de l’élevage et sur la base du travail d’un élève en 2016- sur la filière porcine.
3) L'élevage des abeilles, projet présenté par un "élève préparant son diplôme cette année 2016. L'objectif serait d'identifier les questions portant sur la commercialisation du miel, commerce intérieur et extérieur. Le miel de l'ouest malgache, actuellement de cueillette, est très réputé. Outre le mémoire qui serait rédigé sur la différence entre élevage traditionnel et moderne d'abeilles, sur la commercialisation du miel. Il pourrait y avoir une analyse en France du marché d'importation du miel malgache.
Un projet équivalent pourrait se faire pour l’élevage des volailles
4) Nous avons initié depuis 2009 à Belo/Tsiribihina le projet MADANET qui consistait à créer une structure de type cybercafé, bureautique et formation en informatique avec le concours de PC Coup D’Pouce. Les doctorants qui avaient en charge ce projet étant en fin d'études, nous recherchons un repreneur de cette action qui était arrivé au stade de la signature d'un contrat tripartite entre le lycée technique de Belo, Nazarena-Madagascar et la communauté musulmane de Belo/Tsiribihina. L’autofinancement de cette structure s'est avéré impossible à réaliser en trois années du fait du faible débit d'internet et des nombreuses coupures de courant. Ce programme pourrait être repris. Dans l’immédiat, le centre est utilisé pour la formation des élèves de l’école coranique de Belo.

5) Récemment "TVET Academy", un projet destiné à diffuser sur Internet des contenus destinés à la formation professionnelle (tvetacademy.org). Ce projet nous intéresse car de notre côté, nous souhaiterions utiliser des cours vidéo pour la formation agricole, adaptés à un public rural, peu formé et ne comprenant pas bien le français. Le projet serait de traduire des documents existants ou de créer de toutes pièces un contenu adapté, (vidéos, DVD). Une telle réalisation dépasserait largement le cadre de notre association mais pourrait s’élargir à l’enseignement professionnel dans d’autres secteurs.

4) . Questions diverses

La présidente propose que la cotisation minimale pour l’adhésion à notre association soit portée à vingt-cinq €uros au lieu de dix €uros.
Cette proposition est approuvée à l’unanimité

L’assemblée générale est close à 18 heures

La présidente,

Suzanne Chazan